La dette dans l´histoire : comment cela se finit-il ?

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La planche à billet
La planche à billet

Depuis plusieurs centaines d´années les Etats s´endettent (politique de relance par exemple), et nous allons voir au travers de cet article comment cela finit au moment où l’état est ruiné. Voyons les différents scénarios possibles que l´histoire à retenue, surtout à l´heure où la Grèce va voter pour ou contre l´acceptation de la restructuration de sa dette.

Depuis Saint Louis, les finances de la France ont l’habitude d’être dans le rouge (Né à Poissy le 25 avril 1214, le roi est monté sur le trône sous le nom de Louis IXà l’âge de douze ans. Il a régné près de quarante-quatre ans jusqu’à sa mort devant Tunis, le 25 août 1270. ) ett pour rétablir l’équilibre des comptes, chaque roi a sa recette miracle. Emprunt, impôts, spoliation, faillite, tout est bon pour remplir les caisses.

Avant les taxes et impôts, le roi était seulement le premier des nobles. Comme les autres barons du royaume, il vit des droits seigneuriaux et des produits qu’il tire de ses domaines personnels. Le roi n’a donc que des ressources et des besoins modestes. Pas d’impôts ni de taxes, si ce n’est des contributions exceptionnelles que l’on réclame aux bourgeois ou à l’Église en faisant valoir l’urgence du moment et l’intérêt général.

 

Des guerres dispendieuses

La première croisade de Louis IX, en 1248, va nécessiter pas moins d’un million et demi de livres alors que les seuls revenus du royaume s’élèvent annuellement à 250.000 livres. La guerre coûte chère et reste la principale cause des déficits pendant le Moyen Âge, qui voit seigneurs, princes et souverains se ruiner en permanence pour défendre ou conquérir des terres.

Fort logiquement, le premier impôt permanent est établi à l’issue de la plus importante de ces guerres, la guerre de Cent ans. Le roi Charles VII convoque les états généraux, une assemblée de tous les corps constitués du royaume, et obtient le droit de prélever tous les ans une aide pour la «taille des lances» (autrement dit l’achat et l’entretien des armes de guerre).

Après avoir touché au sublime goût de l ´argent des autres grâce aux recettes fiscales, l´état ne va désormais plus avoir envie de s´arrêter.

Comme jusqu’à une certaine époque, il s’agissait pour une nation de se constituer et d’exister, se défendre, on peut considérer que le recours à la dette avait une légitimité relative pour l’ensemble de la société.

 

 

Les solutions d´un gouvernement ruiné :

– Solution 1 : augmenter les impôts

La première solution, la plus pratique et la plus efficace, consiste à augmenter les impôts. C’est ce que fait en premier Saint Louis en taxant ses sujets, exigeant des villes une contribution exceptionnelle, tout en levant la fameuse décime (10% de prélèvement) sur les confortables revenus du clergé – après tout, ils sont les premiers concernés par les croisades et la protection du tombeau du Christ. Vient tour à tour augmentation des impôts et élargissement de la base de calcul de ce dernier (augmentation du nombre de contribuable).

Montée des régulations, de l’inflation, des impôts, et des nouvelles réglementations policières.

L’énorme quantité de dépenses du gouvernement, couplée avec le fait qu’il n’y a aucune volonté politique de procéder à des réductions significatives, signifie que l’inflation et les taxes sont certaines.

Grâce à une véritable montagne de règles, de lois et règlements, le gouvernement peut contrôler la monnaie suivi de prêt par des restrictions des opérations sur les achats de métaux précieux histoire de ne pas pouvoir partir avec. Pour verrouiller la richesse d’un pays et l’empêcher de le quitter , l’État demande au habitants de lui déclarer le patrimoine détenu à l’étranger.

Exemple (actuel en Grèce) . http://www.businessbourse.com/2015/07/16/les-grecs-nont-plus-acces-a-leur-coffre-en-agence-bancaire/#.VadjCJGlfQE.facebook

« Les Grecs ne pourront pas retirer l’argent qui se trouve dans leur coffre à la banque tant que les restrictions sur les mouvements des capitaux seront en place » a expliqué Nadia Valavani du ministère des Finances grecques à une télévision locale et dont Reuters s’est fait l’écho.

L’article n’a pas reçu beaucoup d’attention alors qu’il été publié dans la section « Obligations » de Reuters, qui n’est pas la plus populaire et qui plus est un dimanche après-midi. (…)

La seule raison qui explique pourquoi l’argent liquide des coffres est également soumis au contrôle des capitaux, des mesures prises en concertation entre le gouvernement et les banques, s’explique par le fait que ces entités se réservent le droit de confisquer le contenu de ces coffres en cas d’aggravation de la crise.

La guerre à petite échelle qui est menée contre l’argent liquide et l’or semble s’intensifier. Les gouvernements vont probablement prendre des mesures pour empêcher les épargnants et les investisseurs de retirer leur argent de la banque pour le mettre en coffre. Cette décision a peut-être cet objectif en vue.

Les coffres que les banques louent sont très pratiques pour conserver une petite quantité de métal. Cependant, comme le cas grec l’illustre, l’aspect pratique et l’accessibilité en théorie aisée d’un coffre à votre agence bancaire peuvent s’avérer être une illusion : le gouvernement et les banques peuvent s’approprier son contenu d’une simple signature. Bref vous savez comment cela fonctionne et comment cela finit.

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Solution 2 : rogner la monnaie

Deuxième solution, tout aussi efficace mais pas très populaire : récupérer le métal précieux de la monnaie en circulation en «grattant» les pièces puis en refondant le gain. Une astuce largement utilisée par le petit-fils de Saint Louis, Philippe IV le Bel, prince des faux-monnayeurs.

Cette forme primitive de dévaluation sera régulièrement reprise par la suite, sous des formes moins grossières. Ensuite viendront les pièces avec des rainures pour empêcher cela. De plus, de nos jours la monnaie matériel est inférieur à ce que l on appelle la valeur faciale, en d´autres termes une pièce de 2 euro ne vaut que 1 € de métaux et le second euro correspond à la valeur de la signature du gouvernement.

 

Solution 3 : rançonner les banquiers ou les possédants

Troisième méthode radicale utilisée par Philippe le Bel, la spoliation des usuriers, juifs ou lombards, ou la taxation extraordinaire de leur présence sur le sol du royaume pour continuer à exercer leur commerce. « Vous payez, sinon vous partez » ou dans une autre variante totalement inverse de contrôle des populations les habitant sont obligés de rester afin de pouvoir les taxer ensuite.

Le roi, décidément jamais à cours d’idées pour remplir ses caisses, décide également de mettre la main sur les biens des riches et puissants Templiers, en provoquant la chute de cet ordre monastique en 1307 avec l’assentiment passif du pape Clément V.

À force de prêter aux princes, l’ordre des Templiers était devenu un véritable État dans l’État, et surtout une puissance militaire et financière redoutable face à une couronne sans cesse débitrice. La manœuvre de Philippe Le Bel permet de renflouer les caisses du Trésor, d’alléger les dettes et d’éliminer une institution menaçante.

Cette technique de spoliation est assez courante chez les rois de France : elle offre l’avantage de désigner facilement un coupable en cas de tension politique, tout en récupérant un beau trésor au passage.

De larges confiscations de richesse sont généralement effectuées après le contrôle de capitaux pour prévenir la fuite de richesse.

 

Solution 4 : le saucisson

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Une variante de la méthode précédente mérite un petit point .Particulièrement au point chez les nazis, l´état prend une population de 100 personnes, trouve un bouc émissaire (pour ces dernier il y avait par exemple les juifs mais il y aussi d autres peuples etc). Résultat, après le massacre, la population n´est plus que 95 et sur les 5 disparus, le capital est redistribué avec comme proportion 1/5 qui reviens aux collaborateurs, 4/5 à l´état. Cela fonctionne bien si les possédants sont peut nombreux.

Solution 5 : faire un «bon» mariage

Quatrième méthode pratiquée avec art par tous les souverains : les mariages et les dots – un tour de passe-passe malheureusement impossible sous nos pauvres Républiques…

Au XVIe siècle, François Ier marie ainsi son fils Henri à Catherine de Médicis, héritière d’une grande famille florentine, mais dont les quartiers de noblesse laissent à désirer… L’argent fait taire les plus réticents, car à l’époque, tout commence à se marchander, même l’honneur, et le contrat stipule que la dot de la promise viendra fort à propos combler le déficit royal, à savoir 100.000 écus d’argent et 28.000 écus de bijoux.

Voilà Catherine de Médicis reléguée au rang de monnaie d’échange, simple bouche-trou des finances du royaume. Pratique qui ne génère que très peu de mécontentement, les Médicis vont récidiver soixante-dix ans plus tard en apportant une fois de plus une dot conséquente pour que Marie, lointaine cousine de Catherine, entre à son tour dans l’une des cours les plus puissantes du monde en épousant Henri IV en 1600.catherine

Cela tombe bien, les caisses du royaume sont à nouveau vides après les guerres de religion et la somme de 600.000 écus d’or proposée par la famille du Grand-duc de Toscane emporte la décision, au grand soulagement du ministre Sully.

Les alliances de sang entre les souverains et les banquiers prouvent en tout cas la nouvelle puissance de ces derniers. Ces princes de la finance développent et encouragent la dette publique. Qui a dit les banquiers ne fleuretait avec la politique que récemment ? On disait à l´époque « fumer ses terres » cela se dit d’une alliance entre noble et vilain, le noble étant pauvre, et le vilain riche. Bref cela fonctionne toujours pour les particuliers, plus vraiment pour les états.

 Solution 6 : se déclarer en défaut de paiement

C’est la cinquième solution, véritable arme de destruction massive à la disposition des princes : le défaut de payement pur et simple, moyen commode d’effacer une ardoise, au détriment du créancier. Ainsi en 1337, lorsque le jeune roi d’Angleterre Édouard III entend faire valoir ses droits sur la couronne de France, il s’adresse aux banquiers italiens, les Bardi et les Peruzzi, pour financer son offensive.

Mais à l’issue de cette offensive, à l’origine de la fameuse guerre de Cent ans, il se retrouve dans l’incapacité de rembourser et décide carrément de répudier sa dette au détriment des banques qui n’ont jamais revu leur argent… C’est le risque du métier.

La méthode reste toutefois périlleuse car les banquiers y regardent ensuite à deux fois avant d’avancer de nouveaux fonds. Mais un jour ou l’autre, ils finissent par se raviser : comment ne pas prêter aux plus grands souverains d’Europe qui peuvent, par une guerre victorieuse, rembourser avec de confortables intérêts ? Aux banquiers d’être habiles et prévoyants, prêtant à l’un, faisant patienter l’autre, agissant dans l’ombre pour soutenir des stratégies gagnantes ou hasardeuses, comme ce fut le cas pendant la grande rivalité entre François Ier et Charles Quint, au cours du XVIe siècle.

Pour financer sa politique, l’empereur hypothèque les ressources de l’Espagne auprès de ses banquiers. Le royaume, déjà en voie d’appauvrissement, sera conduit à répudier sa dette à plusieurs reprises au cours du 17eme puis du 19eme siècles, ne pouvant honorer les échéances…

La France n’est pas en reste puisqu’elle se déclarera en défaut de paiement à huit reprises entre le 16eme et le 18eme siècle dont quatre fois sous le règne de Louis XIV. Mais il est vrai qu’à l’époque, le pays dictait sa loi au monde…

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Solution 7: fabriquer de la monnaie ou jouer avec elle (planche à billet et inflation)

La solution est nettement plus moderne, puisqu’elle fait appel au mécanisme inflationniste : il s’agit du fameux système Law, du nom de ce banquier écossais inventif qui réussit en 1717 à vendre son idée à un Régent pris à la gorge. Le système de Law, imaginé par l’Écossais John Law en développant l’utilisation de papier-monnaie plutôt que d’espèces métalliques, et afin de faciliter le commerce et l’investissement, a été mis en place en France, sous la régence de Philippe d’Orléans, de 1716 à 1720, dans le but de liquider la dette laissée par Louis XIV.

Sur le papier, le principe est simple : il s’agit de créer une banque qui va émettre du papier-monnaie (une première en France) garanti par un capital d’or et d’argent. Devenue banque royale en 1718, la nouvelle institution rachète la dette de l’État mais obtient en contrepartie le droit de percevoir les impôts indirects du royaume.

Les actions s’envolent dans une spéculation sans borne : on achète un jour et on vend dès le lendemain avec une belle plus-value ; la bulle gonfle artificiellement pendant que la planche à billets fonctionne à plein régime, favorisant l’inflation. Avantage de l´inflation, il créer de l emploi, ruine les possédants mais il avantage les personnes endettées puisqu’elles payent en monnaie de singe. Il y a alors plus de chiffres sur les billets mais toujours les mêmes ressources à acheter ce qui signifie que ces achats se font pour un montant toujours plus important. Deux actions sont disponibles pour le gouvernement, dévaluer sa monnaie papier ou mettre en place l´inflation.

Pour en revenir à l´Histoire, la spéculation qui se joue sur les actions des différentes sociétés de Law va finalement en ruiner le système, lorsque le cours retombe aussi vite qu’il était monté, suite à un mouvement de panique. Quand les actionnaires et porteurs de billets, à partir de juillet 1720, demandent subitement à récupérer leur or, les richesses coloniales ne sont pas encore arrivées et le numéraire fait défaut : le système doit alors admettre sa banqueroute.

Après cette pause, les mauvaises habitudes reprennent. Le gouvernement renoue avec le déficit alors que la France est au comble de la prospérité, avec une agriculture, un commerce et des industries en pleine expansion.

La planche à billet
La planche à billet

Solution 8: Un bon vieux pillage chez le voisin

La toute jeune Assemblée nationale de la Révolution française ne prend pas de gants. Elle proclame l’égalité de tous devant l’impôt mais n’ayant pas les moyens de faire rentrer les impôts, adopte une nouvelle solution pour tenter de combler le déficit public : elle fait main basse sur les biens de l’Église, soit au bas mot trois milliards de livres qui sont proclamés «biens nationaux» (terres, couvents, hôpitaux, écoles, églises…).

Huit ans après la prise de la Bastille, les problèmes d’endettement ne sont pas pour autant réglés mais le nouveau gouvernement du Directoire trouve une solution bien rodée pour renflouer ses caisses : la razzia pure et simple ; solution habituelle à tous les conquérants, de César à Hitler en passant par le calife Omar.

Ainsi, lorsque le Général Bonaparte lance son armée dans les terres et les cités opulentes du nord de l’Italie, il organise les pillages de monastères et d’églises, fond sur place l’or et l’argent, rançonne les villes et impose des contributions aux territoires conquis, tel un nouvel Alexandre. Le pillage est souvent un instrument de pouvoir pour un chef de guerre : en permettant à ses troupes de le pratiquer, ou en en régulant le partage (cf. l’épisode du Vase de Soissons), il s’assure leur loyauté.

On estime à 46 millions de francs le butin saisi en Italie pendant la seule année 1796, une somme, à comparer au déficit global des finances de l’époque : 240 millions.

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Solution 9: vendre son patrimoine

Nous avons vendu les colonies pour pouvoir payer les guerres.

Conclusion

 

En conclusion nous pouvons voir que l´état essaye souvent de s´approprier les biens d´autrui ou d´user de son pouvoir (défaut de paiement), triche (l inflation revient à faire de la fausse monnaie) plutôt que de baisser ces dépenses. Mais en Europe il est impossible d´utiliser la planche à billets, reste donc pillage ,taxe ou le défaut de paiement.

Je vous conseille de lire http://richesse-et-finance.com/gouvernement-aux-abois/ ce qui se passe actuellement pour voir ou nous en sommes.

 

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