La crise asiatique 2015

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Alors qu’en Europe, la crise grecque n’en finit plus, il souffle comme un vent de panique sur les marchés asiatiques. Toutes les bourses ont dévissé à l’ouverture des marchés, dans la nuit de mercredi 08 juillet 2015: -4% à Hong-Kong, -4% à Shanghai, -2% à Tokyo. 1.300 compagnies ont même suspendu leurs cotations, soit près de la moitié de la côte à Shanghai, avec 30% de baisse générale un seul mois. Cette extrême nervosité a, en fait, commencé il y a quelques semaines : la bourse de Shanghai a ainsi perdu le quart de sa valeur depuis la mi-juin. Un krach se profile.

Ce qui inquiète plus encore, c’est que cette baisse continue en dépit d’une réplique du gouvernement chinois, qui a décrété une suspension des introductions en bourse, multiplié les baisses de taux en quelques jours et mène une politique « ultra-commandante », comme disent les banquiers : la banque centrale chinoise injecte massivement de l’argent pour tenter de sauver les marchés d’action de Shanghai. La Chine a même mis en place un fonds souverain de stabilisation boursière, c’est dire si la menace de l’explosion d’une bulle est prise au sérieux. Il faut rappeler ceci : la bourse de Shanghai avait progressé de 150% en un an.

D’où vient ce vent de panique ?

Il vient des déséquilibres profonds et structurels de l’économie chinoise. La deuxième économie mondiale a réussi à se développer pendant de longues années avec un taux de croissance autour de 10%, mais cette phase de rattrapage est terminée. Le grand tournant s’est effectué en 2012, et depuis la Chine tourne autour de 7% de croissance. Elle ralentit surtout, elle change de modèle de développement, désormais plus axé sur la consommation. Elle ne veut plus être seulement l’atelier du monde, mais s’affirmer comme le grand marché du monde.

Les marchés anticipent un ralentissement plus fort qu’annoncé. Sous la pression de la hausse des salaires, la compétitivité s’est déjà dégradée. Certains secteurs se retournent clairement, comme la construction qui avait dopé l’activité pendant des années au point qu’une gigantesque bulle financière s’était développée, alimentée par une dette colossale avec des prêts très risqués. Cela ressemble un peu aux subprimes américains. L´état avait d’ailleurs commencé à réguler fortement le secteur.

Rappel de la première crise

La crise économique asiatique est une crise économique qui a touché les pays de l’Asie du Sud-Est à partir de juillet 1997, puis qui s’est propagée, avec une moindre ampleur, à d’autres pays émergents : Russie, Argentine, Brésil.

Les bourses asiatiques bénéficient d’abord d’un afflux massif de capitaux étrangers qui se retirent ensuite, déstabilisant la monnaie puis l’économie des pays, et amenant la fin du système de change fixe.

Le surinvestissement, un important déficit de la balance financière, des niveaux de dette extérieure très élevés sont les causes sous-jacentes de cette crise, qui a débuté sous la forme d’une crise monétaire (forte dépréciation des monnaies asiatiques).

La crise est initiée par l’effondrement du baht thaïlandais après que le gouvernement thaïlandais a été forcé de laisser flotter le baht en raison du manque de devises étrangères pour soutenir un taux de change fixe au dollar américain. À l’époque, la Thaïlande avait acquis un lourd fardeau de dette extérieure et le pays était en faillite même avant l’effondrement de sa monnaie. La crise a frappé la plupart de l’Asie du Sud-Est et le Japon qui ont vu l’effondrement de leurs monnaies, une débâcle des marchés boursiers et une augmentation brutale de la dette privée. Taïwan a vu sa monnaie se déprécier de plus de 45 % par rapport au dollar en l’espace de trois semaines. L’Indonésie, la Corée du Sud et la Thaïlande étaient les pays les plus touchés par la crise. Hong Kong, le Laos, la Malaisie et les Philippines ont également été assez touchés par le marasme. Brunei, Singapour, Taïwan et le Vietnam ont été moins touchés, bien qu’ils ont tous souffert d’une perte de la demande et la confiance dans la région. En revanche, la Chine a joué un rôle stabilisateur décisif en maintenant le taux du Yuan inchangé contre le dollar.

Retour sur la crise actuelle :

Au début, les marchés occidentaux ne semblent pas s’inquiéter outre-mesure des pertes engendrées tout simplement car la bourse de Shanghai est peu connectée aux grandes bourses mondiales. Même si elle a beaucoup grossi ces dernières années et possède maintenant une taille (capitalisation boursière) supérieure à celle de Hong-Kong, elle est peu connectée aux marchés financiers internationaux car les autorités chinoises sont très vigilantes sur la part des investisseurs étrangers. Aujourd’hui, seuls 5% des capitaux de Shanghai sont détenus hors de Chine. Donc les risques que des établissements américains ou européens subissent des pertes importantes sont limités.

Pour les bourses périphériques, il peut y avoir une contagion psychologique. Celle-ci n’est pas mécanique mais des investisseurs peuvent avoir peur que des bourses similaires vivent le même scénario. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que cette chute brutale de la bourse de Shanghai succède à une très forte augmentation l’année dernière. Elle compense une croissance très forte et très rapide : la bourse a plus que doublé en un temps très court.

Une augmentation ces dernières années trop forte

Les causes sont internes à la Chine, liées notamment au marché immobilier. Les Chinois épargnent beaucoup et se sont concentrés sur des achats immobiliers ces dernières années. Le mouvement a été massif et les prix ont augmenté rapidement. Lorsque les prix ont commencé à stagner, les chinois, encouragés par les autorités, se sont tournés vers des titres financiers. Pendant le seul mois de mars 2015, 4 millions de comptes ont été ouverts, c’est à dire à peu près autant que pour toute l’année 2013 !

Paradoxe d’une bulle

Le paradoxe de la bulle immobilière est que tout le monde connaît l’existence de la bulle. D´ailleurs plusieurs articles sont alors venus dire que le prix de l’ immobilier chinois était hallucinant. Si les fondamentaux économiques n’expliquent pas le maintien de la bulle immobilière, il faut envisager d’autres hypothèses pour comprendre le phénomène de bulle immobilière.

Dans un contexte de bulle immobilière, les informations circulent rapidement, sans analyse critique. Par exemple, très peu d’analystes se sont penchés sur la question réelle de la « pénurie de logements » à moyen terme. La plupart des journalistes et des professionnels des métiers de l’immobilier se sont contentés de relayer de vagues informations décrivant l’état du marché, sans en vérifier le contenu ni la véracité. Souvent, les études publiées se sont appuyées sur la hausse des prix et la présence étrangère pour justifier la rumeur d’une pénurie.

Explication possible

L’endettement étant maximum et alors qu’il est devenu impossible de trouver de nouveaux clients – il y donc peu d’acheteurs car il n’y plus d’offre solvable – nous somme à l’aube de la crise. Toutefois il y toujours autant de vendeurs et pour un prix considéré comme non à l’équilibre, les théories classiques indiquent que le nombre de transaction est réduit.

     Un taux d’endettement maximum

Le taux d´endettement des ménages a considérablement augmenté, ce qui en fait un effet de levier important, et donc potentiellement un risque.

     Un rendement nul

Les rendements sont uniquement basés sur une plus-value potentielle. En effet, les prix trop élevés ont fait monter le price earning ratio (PER) à des taux très importants.

Le PER est le prix divisé par le rendement. Plus le ratio augment moins c´est bon, surtout si le rendement est constitué d’une part importante de plus-value, car cela signifie que l’investissement est très spéculatif. Les business plans dans l´immobilier deviennent les suivants :
• Les biens acquis sont des logements neufs destinés à la location.
• L’achat est financé par des prêts bancaires, généralement d’une durée (de plus en plus longue) de 15 années à 25 années. Les fonds propres sont faibles, parfois de l’ordre de 10% à 30% du montant des acquisitions. Certains prêts sont réalisés in-fine ou à taux variables.
• Les biens immobiliers acquis sont mis en location. Généralement, les loyers ne couvrent pas le montant des remboursements.
• Lorsque les flux financiers génèrent un déficit, des mesures fiscales permettent de défalquer les pertes du montant des impôts (tout cela deviens artificiel).
• A échéance du prêt bancaire, les investisseurs parient sur une hausse des prix de l’immobilier. Ils espèrent revendre leur bien avec une jolie plus-value.
• Les investisseurs considèrent avoir fait l’affaire de leur vie.
Ces business plans sont-ils aussi sains qu’on voudrait bien le croire ? Non ! En plus, le risque en cas d’apport trop faible est élevé car il y un effet de levier fort (pour plus de précisions sur l’effet de levier, voir l’article relatif à ce thème).

Contagion de la crise :
Avant de s’effondrer mi-juin, la Bourse de Shanghaï s’était envolée de 150 % en l’espace d’un an, dopée par l’endettement et de façon totalement déconnectée de l’économie réelle.

Selon Patrick Artus de Natixis, la Chine serait plus proche d’une croissance de 2 ou 3 % pour cette année, que des 7 % fixés par Pékin.

Ces déséquilibres en Chine peuvent-ils avoir un impact sur la croissance mondiale ?

Certainement, d’ailleurs c’est déjà fait. La contribution de la Chine au commerce mondial a déjà diminué, et comme la demande est moins forte, les marchés de matières premières, très dépendants de la chine décrochent également. En Europe, dès l’ouverture, les marchés ont accusé le coup. L’indice CAC 40 abandonne 3,05% à 4.489,61 (24/08/2015) points après avoir accusé la semaine d´avant, avec une chute de 6,57%, sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis décembre 2014. La Bourse de Londres recule de 2,48%, celle de Francfort de 3,11% et Milan de 3,24%.

Est-ce que tout ça peut déboucher sur une nouvelle crise financière mondiale ? La plupart des experts, bien qu’inquiets du niveau de la dette chinoise, s’accordent à penser que cet immense pays a encore assez de ressources pour piloter le ralentissement de son économie. Cependant, il est dit la même chose à chaque crise. Une information à prendre avec parcimonie.
« La contribution de la Chine à un ralentissement mondial potentiel a de nouveau chahuté les marchés ce matin, les vendeurs se précipitant dans la brèche, un mouvement exacerbé par les faibles volumes alors que la City doit encore revenir à son activité normale à la fin de ce mois de vacances », a commenté Richard Hunter, analyste du courtier Hargreaves Lansdown Stockbrokers

Transmission de la crise, les facteurs accélérateurs

Le véritable problème de la crise c’est qu’elle n’est jamais isolée, elle influence les autres paramètres du pays et le mouvement de baisse s’accélère. Cependant certains acteurs peuvent tirer leurs épingles du jeu. Souvent l´accélération à lieu quand plusieurs acteurs entre en jeu, souvent dés que les médias et la population s’en mêlent. On constate fréquemment la chronologie suivante :

Expert
Tout krach est toujours précédé d’une vague de retrait des acteurs les mieux informés, généralement les professionnels privés et les banques.

Médias traditionnels
L’information de la chute des marchés est ensuite relayée par les médias traditionnels, une prophétie auto réalisatrice qui fait changer d’opinion de façons massive les ménages. Ainsi par exemple, lors de la crise américaine, les médias brisent tous les tabous et publient des articles aux titres ravageurs :
• Bye-Bye Housing Boom (Washington Post)
• Buy-to-let: the end of the dream (Sunday Herald)
• Etc…

Le grand public :
Les professionnels ont déja tout vendu. Les investisseurs individuels ont du assumer seuls les conséquences de la ruine. Cette injustice est le réel déclencheur du krach généralisé. Les premières victimes individuelles ont contacté leurs amis et relations, par simple bouche-à-oreille, pour les mettre au courant. Ce mécanisme très simple a permis de transmettre l’information à des millions d’individus, en quelques jours. Les marchés se sont immédiatement effondrés. Aujourd’hui, avec le courrier électronique, la simple transmission d’un message à 20 contacts, retransmis à un nombre exponentiel de contacts, permet en quelques heures de toucher l’ensemble des internautes d’un pays. Potentiellement, l’information peut circuler beaucoup plus rapidement qu’au début des années 2000.

De plus, les débutants ont un comportement grégaire. Lorsque les prix montent, ils sont heureux et le font savoir. Mais lorsque les prix baissent, ils sont furieux et courent en direction de la falaise. Le pire, en commerce, est qu’un heureux le dit environs 6 fois moins qu’un client mécontent. Imaginez le même phénomène dans une crise… Une information de potentiel d´investissements circule donc 6 fois moins vite qu´une annonce de crise. Souvent, les particuliers se retrouvent coincés car ils sont les derniers de la chaîne d´information et se retrouvent dans un schéma de Ponzi où seul le dernier maillon perd. Etant donné l’illiquidité des biens, cela prend du temps (surtout sur l’immobilier), mais le krach a quand même lieu.

En général nous assistons pour ces derniers a un mécanisme de deuil :

Choc, déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu’on apprend la perte. La personne refuse d’y croire. C’est une période plus ou moins intense ou les vendeurs refusent de vendre pour moins cher et les acheteurs n’achètent plus d’où une hausse des stocks invendus. C’est en quittant ce cours stade du deuil que la réalité de la perte s’installe.
Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte (contre les banquiers et les professionnels, le politiques etc, ont assiste à une montée du nationalisme). La culpabilité peut s’installer dans certains cas. Période de questionnements.
Marchandage : phase faite de négociations, chantages des grands secteurs de l’économie (lobying)…
Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse. Les endeuillés dans cette phase ont parfois l’impression qu’ils ne termineront jamais leur deuil car ils ont vécu une grande gamme d’émotions et la tristesse est grande. A ce stade les vendeurs baissent enfin durablement leurs prix et de manières généralisées. Le marché est au plus bas.
Acceptation : Dernière étape du deuil où l’endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L’endeuillé peut encore ressentir de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.

Conséquences :

     Etat dette, chômage

L’état étant souvent très endetté, celui-ci va probablement avoir des difficultés à maintenir des dispositifs coûteux, et les taux d’intérêts qui permettent de faire en sorte que les ménages soit solvables ne peuvent que remonter.  Ainsi, le revenu des ménages va baisser, et par ce jeu, entraîner la baisse des ventes, entraînant elle-même la baisse des recettes, entraînant à son tour une hausse des impôts, entraînant enfin chômage et baisse des recettes. Un vrai cercle vicieux car l’état ne peut presque rien faire du fait du faible montant qu’il peut représenter en valeur, sauf à faire des lois très contraignantes.

     Démographie à long terme :

Soudainement le mythe de la croissance démographique explosive va être rejeté et la démographie va être vue comme un facteur contraire avec un vieillissement de la population.

     Ruine rentiers :

L’effet patrimoine et l’effet prix vont jouer à l’’envers : perdant du revenu, les rentiers consomment moins.

     Anticipations keynésiennes :

Les anticipations des acteurs vont se produire à la baisse, refusant d’acheter aux prix fort les acheteurs vont attendre, et donc diminuer encore de fait la demande, contraignant les vendeurs à des baisses de prix. Acculés, seuls les vendeurs pouvant faire une baisse significative vont vendre (les ménages solvable sont presque inexistants, ayant été pressés dans la phase haussière).

Le malheur des uns fait le bonheur des autres :

     Investissement en baisse :

La contribution de la Chine au commerce mondial a déjà diminué, et comme la demande est moins forte, les marchés de matières premières, très dépendants de la chine décrochent également. Les métaux sont donc à proscrire pour l’instant.
La baisse des bourses et du marché immobilier peut être une opportunité d’investir en bourse.

     Plus-value potentielle pour demain :

Une fois le marché déprimé et alors que la plupart des acteurs quittent le secteur, celui –ci devient très intéressant. Surtout si l’on regarde les courbes, car souvent la crise descend plus que ce qu’elle ne devrait.

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