Génération sacrifiée, pourquoi la vie des jeunes est difficile dans cette crise?

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jeunes d´un coté et vieux de l´autre
jeunes d´un coté et vieux de l´autre, même chez les enfoirés

La guerre des générations. Pour le pouvoir. Pour l’argent. Pour l’emploi. Pour les uns, tout a été confisqué par les plus âgés , les baby-boomers trop gourmands .Pour les autres, au faîte de leur puissance et de leur fortune, les jeunes n’ont qu’à travailler davantage: plus de ténacité et moins de RTT. Il n y qu´à voir cette chanson des enfoirés vraiment très au fait .


La querelle a toujours existé. Biaise Pascal critiquait déjà, au milieu du XVIIe siècle, les la jeunesse il avait pourtant que 39 ans. De plus, l’avantage de l´âge était relatif puisque tout le monde était assuré d’en profiter par le seul effet du temps. La jeunesse n’est, par définition, qu’un état transitoire. Qu’on ne profite de l’argent ou du pouvoir qu’avec la maturité n’avait rien de choquant, parce que la marche du temps vous assurait d’y parvenir. Il suffisait de patienter.

Mais tout cela a changé. En quelques décennies seulement, de façon simultanée dans la plupart des pays développés que cela soit de la vielle Europe ou ailleurs. Les jeunes générations, nées entre 1980 et 2000, sont prises au piège, alors que leurs prédécesseurs ont profité de planètes bien plus clémentes. Par l’effet des conditions économiques, des bouleversements de la société et de la révolution démographique comme l’allongement de la durée de vie en bonne santé.

 

1 Un Etat-providence biaisé

La France est un des pays de l’OCDE où l’écart entre les 10 % les plus riches et les plus pauvres est le plus faible. Pourtant Voilà une vingtaine d’années que le taux de pauvreté des jeunes (revenus inférieurs à 60 % de la mé¬diane française) est plus élevé que celui de toutes les autres classes d’âge, y compris celui des seniors et des personnes très âgées. Cet écart est unique dans l’histoire de nos sociétés. Jusqu’à la fin du XXe siècle, les vieux étaient toujours les plus pauvres, parce qu’ils n’avaient plus d’activité. En 1970, par exemple, le taux de pauvreté des 75-79 ans était trois fois supérieur à celui des 18-24 ans.

L’une des explications tient, bien sûr, à la montée en puissance de l’assurance-retraite. Au moment où celle-ci donnait sa pleine puissance, dans les années 90, la croissance économique a ralenti, pénalisant les classes d’âge moins avancées. Un effet de ciseaux qui n’a pas été corrigé, même pas par la réforme des retraites, puisque celle-ci s’est effectuée largement au détriment des futurs seniors, et non de ceux d’aujourd’hui. En cause un déficit immense.

Conséquence, les transferts entre générations, effectués silencieusement par notre Etat-providence, se sont déséquilibrés. Les travaux récents de trois économistes français sont édifiants : la contribution annuelle d’un actif français à l’Etat-providence est de moitié supérieure à celle d’un Allemand (13 600 euros annuels, contre 9100), et nos retraités français bénéficient d’une redistribution supérieure de 2 points de PIB par rapport à leurs homologues outre-Rhin. Une situation difficile pour les actifs.

Bien sûr, les seniors comme les jeunes ne sont pas une catégorie homogène. Il y a aussi nombre de retraités pauvres. Et les plus de 70 ans ont, dans l’ensemble, travaillé bien davantage que les générations actuelles aux 35 heures. Il y a cinquante ans, la «semaine anglaise», clôturée par le week-end intégral de repos, n’était pas si fréquente. Et les conditions de travail des non-qualifiés étaient dures. Toutefois du travail existait, ce qui n’est plus le cas de nos jours avec pour preuve un taux de chômage massif dégradant les conditions de travail.

 

D’autre part, le déséquilibre des transferts publics est atténué par des transferts privés. Il n’est pas rare que les seniors aident leurs enfants ou leurs petits-enfants: selon l’Insee, en 2004, dernières données connues, un ménage sur deux aide financièrement ses enfants, principalement pendant les études et lors de leur installation. Ce sont principalement les cadres et les professions intermédiaires qui le font car les classes encore en dessous ne peuvent pas le faire car trop étriquées financièrement.

 

2 Un marché du travail sélectif, voir très mauvais

 

Illustration d´un employé sous payé devant se loger dans sa voiture alors qu´il est en CDI
Illustration d´un employé sous-payé devant se loger dans sa voiture alors qu´il est en CDI

Si l’on considère la population des 15-24 ans qui sont entrés dans la vie active, un sur quatre pointes à Pôle emploi, soit plus du double de la moyenne française, toutes générations actives confondues (10,4 %). Et au plus bas du chômage, sur les vingt dernières années, au 2e trimestre 2001, ils étaient encore plus de 15 % à chercher un job, alors que la moyenne nationale était de 7,8 %. Il y a deux explications à cela. Tout d’abord, le marché du travail est cruel avec les jeunes. Les jeunes, par définition sans expérience, sont malmenés parce que leur prix relatif est trop élevé. Comme il faut les former, les encadrer, les entreprises peuvent trouver facilement un meilleur rapport qualité-prix sur un marché où la demande de travail excède l’offre. Parmi les 700 000 jeunes qui terminent leurs études initiales en 2010, 2 sur 10 ont au plus le diplôme national du brevet (DNB), 4 un diplôme du second cycle du secondaire et 4 un diplôme du supérieur.
Plus le diplôme est élevé, plus le taux d’activité est important et le taux de chômage faible. Ainsi, fin 2010, le taux de chômage des jeunes sortis récemment du système éducatif s’élève à 45 % pour les diplômés du DNB ou les sans diplôme. Il est de 27 % pour les diplômés d’un CAP ou d’un BEP, 18 % pour les bacheliers et 10 % pour les diplômés du supérieur.

Les plus diplômés connaissent un taux de chômage plus faible quelle que soit la conjoncture économique. Cela a de nouveau été le cas lors de la crise économique de 2008-2009 : le taux de chômage des plus diplômés a augmenté de 5 points, tandis qu’il s’est élevé de 10 points pour les diplômés du secondaire et de 13 points pour les jeunes titulaires au plus du DNB.

La seconde raison tient aux règles du marché du travail français. Ceux qui sont en poste, en CDI hors période d´essai pour une très forte majorité, bénéficient d’une protection élevée et d’un système prud’homal souvent généreux dans les indemnités de licenciement qu’il accorde. Au moins autant que le coût, c’est l’imprévisibilité des tribunaux qui dissuade les entreprises d’embaucher. Les recruteurs « refacturent » cette incertitude aux nouveaux arrivants, les jeunes, sous la forme de contrats précaires, CDD ou intérim, de façon à limiter leur risque. La quasi-totalité des embauches se fait désormais en contrats de ce type. Plus de la moitié des 15-24 ans au travail sont en CDD, en intérim ou en apprentissage, le reste est en CDI. De plus le stagiaire est venu gonfler artificiellement la puissance de travail, parfois jusqu`à 15 % des effectifs permanents sans salaire, sans cotisations, sans tickets restaurants… C´est devenu une génération stage.

Alors que 90% des 24-49 ans sont en contrats à durée indéterminée. Le contrat court est devenu la principale voie d’accès à l’emploi. Dans les années 1980, 77% des jeunes étaient en CDI, contre 45% en 2013. Pour le reste de la population, ces chiffres sont restés stables.

À dire vrai, les principaux bénéficiaires ne sont pas les baby-boomers. Car eux s’ils sont encore au travail, sont discriminés pour les mêmes raisons que les jeunes : leur rapport qualité-prix n’est pas bon, car leur salaire est plus élevé que ceux des quadras, alors que leur productivité n’est pas meilleure. Les entreprises les licencient donc sans ménagement. Le marché du travail français a construit une forte protection pour une seule génération, les 25-50 ans, celle qui élève les enfants qui est la vraie gagnante, lorsqu’on compare sa situation à celle de ses homologues dans les pays voisins. Il ne fait en effet pas bon d´etre jeunes car manque d´expérience entrainant chômage entrainant manque d´expérience.

3 Un immobilier inaccessible (voir ma thèse)

abbe pierre

Les baby-boomers ont profité d’un puissant mouvement d’accession à la propriété: la génération née en 1950 a acheté son logement en moyenne à 34 ans, alors que c’était 56 ans pour ceux qui étaient nés en 1910. Outre l’accès au logement, note l´Insee, la qualité des habitations a aussi progressé avec la généralisation des sanitaires. À partir de 1950, l’âge moyen de l’accédant à la propriété s’est stabilisé. Et il a même commencé à remonter. Ou, plus précisément, la part des propriétaires a continué à progresser chez les seniors, elle s’est tassée chez les 45-55 ans et s’est effondrée chez les jeunes, en particulier chez les ouvriers et les employés. Elle a toutefois repris au début des années 2000 grâce à la baisse des taux d’intérêt, un facteur clé pour les jeunes, pour lesquels la part de l’endettement est anormalement importante dans une acquisition avec des crédits qui se rallongent.

C’est, bien sûr, le prix de l’immobilier qui est en cause. Depuis 1996, le prix des logements anciens en France métropolitaine a progressé de 147%, alors que, sur la même période, le revenu moyen par ménage est passé de 32 000 à 37 000 € par an, soit une augmentation de 15,6 % seulement Pour rappel le revenu est normalement fortement corrélé au prix de l´immobilier, ou plutôt l ´inverse car il détermine la capacité maximale d´un acheteur. Ceux qui étaient déjà propriétaires avant la grande hausse c´est-à-dire en majorité les plus de 50 ans ont vu leur patrimoine progresser, alors que les autres sont restés en marge. L’envolée de l’immobilier a accru l’écart de niveau de vie et de richesse entre les générations.

4 Un système favorable aux capitalistes

 

Dans la conduite des politiques économiques, l’inflation est un pouvoir puissant qui permet de répartir la richesse entre les générations. Une forte inflation érode le capital et atténue le coût de l’endettement. En clair, elle pénalise les rentiers et les détenteurs de capital, en majorité les plus de 50 ans, et avantage ceux qui constituent leur patrimoine par endettement notamment en achetant un bien immobilier à crédit, typiquement les jeunes tant que, comme dans les années 70, les salaires suivent la hausse des prix.

De plus une forte inflation signifie souvent plein emploi (voir ce que l on appelle le carré magique en économie). Une inflation basse produit exactement l’effet inverse. La grande rupture mondiale du début des années 1980, qui a vu les prix se stabiliser dans la quasi-totalité des pays, a donc provoqué une redistribution significative en faveur des possédants. Il n y a qu´à voir la citation de Warren buffet, qui disait que si il avait été dans un autre temps et dans un autre endroit, jamais il ne serait devenu l’une des plus grosses fortunes du monde.

Rupture consolidée par le choix de réaliser l’union monétaire européenne et de rendre les banques centrales indépendantes, pour qu’elles soient plus efficaces dans la lutte contre l’inflation, et uniquement de ce dernier but. De 1970 à 1980, les prix avaient augmenté chez nous de 156 %. Sur les dix dernières années, ils n’ont progressé que de 15,7 %, bien sûr les prix ressentis ont beaucoup plus progressé, car le niveau de richesse individuel n´a presque pas augmenté.

La dette publique a été « fabriquée »artificiellement, notamment par la combinaison de 3 facteurs: la création monétaire par le crédit, le système des réserves fractionnaires et l’article 123 du traité de Lisbonne

Ce film d’animation explique les effets magiques et les effets pervers du système actuel d' »argent dette ». La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportions astronomiques et enfle de plus en plus démesurément de jour en jour.
D’ou vient tout cet argent? Comment peut-il y avoir tant d’argent à prêter? Si tout le monde est endetté, ou est passé l’argent?

La vérité, c’est que l’argent n’existe plus vraiment, il est devenu entièrement virtuel. Les banques fabriquent l’argent à volonté. Le système bancaire, c’est la plus grande escroquerie de tous les temps. Le pilier de la dictature économique.

Ce film d’animation l’explique clairement et simplement (durée: 52 minutes)
Alors même que l’inflation chutait, la plupart des pays, et la France en particulier, se sont lancés dans l’endettement public massif, une autre forme de transfert. Notre Etat-providence, on l’a vu, oriente la redistribution davantage vers les seniors, alors que ses dépenses sont largement financées par le déficit, c’est-à-dire par les actifs de demain, ou les jeunes d’aujourd’hui… En 1980, la dette publique française ne comptait que pour 21 % du PIB ; elle approche 100% aujourd’hui. Nous sommes surendettés
Normalement l’état finit pour se désendetter par plusieurs méthodes comme ne plus rembourser etc: voir ici http://richesse-et-finance.com/la-dette-dans-lhistoire-comment-cela-se-finit-il/
Les générations nées dans l’après-guerre sont donc entrées sur le marché du travail au moment du plein-emploi, elles ont pu se constituer un patrimoine immobilier en remboursant leurs crédits en monnaie de singe, grâce à la hausse des prix des années 70. Et, arrivées à l’âge de la maturité, elles profitent d’une rémunération du capital bien plus élevée que leurs aînés grâce à la disparition de l’inflation… Depuis soixante ans, la conjoncture macroéconomique a beaucoup changé, mais toujours de façon favorable pour les baby boomers ! Au détriment des suivants.

5 Les jeunes ? Une cible politique secondaire.

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Les jeunes sont, proportionnellement dans la population, moins nombreux et votant moins. Et qu’ils le seront de moins en moins, à cause de l’allongement de la durée de la vie, qui fait vieillir nos pays. Ensuite parce qu’ils votent moins que leurs aînés. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, l’abstention a été de 20,5 %, mais de 27 % chez les 18-24 ans, avec des chiffres très proches jusqu’à 45 ans. Au-delà de cet âge, l’abstention chute fortement, pour s’établir à 14 % seulement chez les 60 ans et plus.

Ces deux phénomènes ont rendu le vote des seniors plus important que ce au il n est dans l´économie. Pour être élu, il faut d’abord leur plaire. Un « candidat des jeunes » n’aurait guère de chances, pas plus qu’une politique pour les Jeunes si elle est financée par des transferts au détriment des seniors. Paradoxe ultime, car les jeunes sont l´avenir. Et cela dans tous les pays vieillissants d´Europe, qui connaissent la même évolution. Un exemple avec David Cameron, le Premier ministre britannique bientôt candidat à sa réélection, multiplie ainsi les promesses pour séduire l’électorat âgé, alors qu’il a amputé les prestations sociales de 10 milliards d’euros pour les actifs et augmenté d’autant celles des retraités. Les jeunes sont pauvres et donc de toute façon ils ont plus de mal à soutenir un parti. Vous pouvez vous renseigner sur ce sujet , cela s´appelle la théorie des choix public.

 

6 L’héritage passe des très vieux… aux vieux

Autre conséquence de l’allongement de la durée de la vie, on hérite de plus en plus tard. Et les jeunes se trouvent privés d’un bénéfice financier qui avait bien souvent aidé leurs parents ou leurs grands- parents au même âge. Les quelque 340 000 successions taxées (supérieures à 50 000 euros) en 2006 ont pesé environ 60 milliards d’euros avant impôt, selon le ministère des Finances. Ces montants viennent abonder d’abord le patrimoine des seniors : 78 % des héritiers ont plus de 50 ans et 30 % plus de 70 ans… Au total, 54% des héritiers sont des retraités et qui n´ont donc plus besoin d´un tel patrimoine. Les donations bénéficient en moyenne davantage aux jeunes, puisque 50 % de ceux qui en reçoivent ont moins de 50 ans. Et elles proviennent en très large majorité de seniors qui avaient donné, toujours en 2006,40 milliards d’euros avant impôt. Seulement les donations sont de plus en plus taxées.

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Cette image illustre parfaitement que si il y trop (plus de 50%)de la population qui profite de l’État il est quasiment impossible de s’en sortir.

7 L’explosion des familles

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Si les jeunes sont en difficulté, ce n’est pas seulement à cause des choix de politique économique et des évolutions biologiques comme l’allongement de la durée de la vie. Il y a aussi les changements sociologiques touchant au mode de vie, et en particulier à la famille. Dans un livre magistral publié a la mi-mars, «Our Kids. The American Dream in Crisis, le sociologue américain Robert Putnam revient sur les lieux de son enfance, à Port Clinton, dans l’Ohio, pour tenter d’expliquer la progression des inégalités qui frappent les jeunes. Il raconte la société qu’il a connue dans les années 50. La mixité sociale faisait que les enfants de milieux différents jouaient ensemble, vivaient ensemble, allaient aux 5 mêmes écoles, tombaient amoureux les uns des autres et ce fait les cultures se mélangeaient.

L’ascension sociale de ses camarades se faisait . Maintenant avec la ségrégation qui prévaut aujourd’hui, matérialisée par une frontière | invisible et pourtant impossible à franchir entre les quartiers huppes de Port Clinton, soufflés par la hausse de l’immobilier, et les districts 011 prévalents chômage» drogue et violence, avec l’un des taux de criminalité les plus élevés du pays, les chances diminues encore.

Que s’est-il passé, s’interroge Putnam, pour que le rêve américain soit ainsi cassé ? Parmi les différentes causes qu’il explore, il en est une essentielle selon lui : l’érosion spectaculaire de la famille le traditionnelle depuis 1970. La quasi-totalité des baby-boomers avaient été élevés par leurs deux parents biologiques, ce qui, dit le sociologue, avait donné un cadre stable à leur enfance, tant sur le plan psy¬chologique que financier. Ce n’est pas le cas pour leurs successeurs, qui se divisent en deux camps : le tiers le plus fortuné, où la famille a non seulement résisté, mais s’est renforcée, tout comme le mariage. Et les deux tiers restants, où elle s’est au contraire désarticulée, le nombre d’enfants vivant avec une mère célibataire progressant à mesure que le niveau social baisse ou l´inverse. Dans le premier tiers, les enfants sont le résultat d’un projet délibéré et bénéficient d’un investissement considérable aux plans affectif et financier, qui leur donne les meilleures chances. Ce n’est pas le cas dans les deux tiers restants, ce qui explique souvent, dit-il, l’échec scolaire et la dégringolade sociale.

En 1960, seulement 6% des enfants américains vivaient avec un seul de leurs parents. Aujourd’hui, la moitié d’entre eux passeront par une telle période avant leurs 18 ans. Tout est corrélé, selon Putnam.

8 La fin des ascenseurs sociaux

 

Emploi. Dette. Epargne. Mobilité économique américaine : hors service. Dessin de Mike Keefe paru dans The Denver Post, Etats-Unis.
Emploi. Dette. Epargne. Mobilité économique américaine : hors service. Dessin de Mike Keefe paru dans The Denver Post, Etats-Unis.

Au temps où les classes sociales étaient davantage mélangées, le mariage a été un ascenseur social très efficace pour les jeunes. Certes, il y a toujours eu de fortes préventions dans les milieux aisés face à la mésalliance de l’héritier qui est tombé amoureux d´un pauvre. Mais au moins y avait-il des occasions de rencontres, et donc de promotions sociales pour les jeunes. Maintenant, c´est plus dur. Une étude montre bien que les mariages se nouent désormais au sein d’un même milieu et non plus en dehors. Pour le prouver, les chercheurs ont « déconstruit» tous les mariages contractés aux Etats-Unis en 2005. Ils ont ensuite associé hommes et femmes de façon aléatoire, et non plus à partir de choix personnels comme dans la réalité. Après l’opération, les inégalités économiques aux Etats-Unis (mesurées avec le coefficient de Gini) avaient chuté de 25 %.

Mais le plus troublant n’est pas là. Les chercheurs ont fait exactement la même expérience sur l’année i960 : mariage aléatoire, et comparaison des patrimoines avant et après. Et le coefficient de Gini n’a quasi pas bougé… La société de i960 mariait les jeunes à peu près sans biais, alors que celle de 2005 est beaucoup plus sélective.

Pourquoi les chemins de la haute ville se sont ils ainsi fermés en un demi-siècle ? L’explication la plus vraisemblable est la forte augmentation du travail féminin sur la période et celle des jeunes femmes poursuivant des études supérieures. Il y a cinquante ans, c’est l’homme qui devait faire vivre sa famille dans la majorité des cas. Le niveau d’études n’entrait donc guère dans les critères de sélection de sa partenaire. D´ailleurs demandé à des chefs d’entreprises ou des hauts cadre ils vous répondront qu’ils veulent une femme diplômée, pour la conversation officiellement, mais aussi pour ne pas faire déséquilibre, cadre sup/femme de ménage, cela ne colle pas trop bien.

Aujourd’hui l’on rencontre son partenaire lors des études supérieures plus fréquemment que lorsque les femmes étaient rares dans les universités. Normal, il est plus facile de draguer une femme dans un milieu où pullulent les partenaires et donc les possibilités.

Nous vivons sous le règne cruel de l’appariement sélectif, selon les termes de l’économiste américain Gary Becker. Le paradoxe, c’est que cette inégalité nouvelle entre les jeunes provient de la réduction d’une autre différence, entre les hommes et les femmes.

9 La paix

L’ascenseur social fonctionne mieux durant les guerres, ou juste après, que pendant les longues périodes de paix, comme aujourd’hui. D’abord parce qu’un conflit militaire détruit du capital. Le capital immobilier, bien sûr, financier également, puisque les transactions s’interrompent. Il réduit donc les inégalités entre les possédants et les autres, et donc aussi entrent les générations. Ensuite, parce qu’il bouleverse la hiérarchie sociale de façon encore plus efficace qu’une révolution politique et bien davantage que dans une société paisible.

Après la Seconde Guerre mondiale, une bonne partie de l’élite française a été recrutée dans les rangs de la Résistance survivante. Après la Première Guerre, la saignée avait été telle, chez les combats, tant français, qu’il y avait pénurie de jeunes hommes. Les mariages des années 20 ont donc permis à bon nombre de survivants d’épouser « au-dessus de leur condition ». La dure loi de l´offre et la demande.
À l’inverse, plus la paix dure, plus les inégalités pèsent avec la reproduction des élites, plus les portes se ferment pour les jeunes mal nés. En effet toute les personnes disposants d une bonne place vont essayer de verrouiller le système en mettant des barrières. L’Europe connaît ainsi un siècle de paix, entre Waterloo et 1914 à l’exception de la courte guerre de 1870 entre U France et l’Allemagne), qui débouche sur l’une des périodes les plus inégalitaires de l’Histoire. C’est alors que l’un des personnages de Balzac, le Vautrin, conseille à l’ambitieux Rastignac les deux seules méthodes pour réussir à l’époque, coucher ou tuer.

Si la paix, malgré les immenses dividendes qu’elle offre à nos sociétés, ralentit l’ascenseur social, comment alors expliquer les Trente Glorieuses, où elle n’a pas empêché prospérité, plein emploi et avancées sociales? Probablement par le caractère inhabituellement fort de la croissance à l’époque. Il a bien fallu reconstruire l’économie du continent après les guerres et les crises. Et par la mise en place de l’Etat-providence moderne.

Peut-être notre perception des inégalités politique-t-elle par cette référence biaisée, une double exception historique, la succession des Trente Désastreuses et des Trente Glorieuses, où les jeunes n’ont jamais eu autant de chances (au moins ceux qui ont survécu aux deux conflits). Une anomalie historique. une parenthèse, donnant naissance à une génération bénie par les astres, les baby-boomers. Dans cette hypothèse, nous serions revenus aujourd’hui dans une situation « normale ». Le monde de Balzac, celui du XIXe siècle .

Les deux âges extrêmes de la vie se caractérisent, en termes d´argent public, par des problématiques identiques: quels recours aux mécanismes de solidarité et aux ressources des familles? Quelle place respective des équipements collectifs et des services individuels? Quel « choix » procurer aux bénéficiaires ? Certes, les différences sont évidentes. L’extension possible de la couverture assurantielle de la dépendance rappelle qu’il s’agit bien d’un risque, alors que la petite enfance est avant tout un moment de l’existence que nous traversons tous. Ces deux âges commandent aujourd’hui des efforts conséquents de dépense publique. En 2012, les dépenses collectives, toutes sources confondues (Sécurité sociale, Etat, collectivités territoriales), sont globalement équivalentes. Pour les moins de 6 ans, la collectivité consacre environ 1 % du PIB aux crèches, aux prestations familiales d’accueil du jeune enfant et à l’école maternelle. Pour les plus de 70 ans dépendants, la masse financière (issue des mêmes sources) correspond également à 1% du PIB.

Mais la donne pourrait bien être modifiée. Avec une législation et une organisation inchangées, la prise en charge de la dépendance âgée pourrait représenter 1,5 point de PIB d’ici une quinzaine d’ans. Il y a là un effet mécanique de l’augmentation des effectifs de personnes âgées en perte d’autonomie. La science démographique a ses vérités. On sait globalement combien de personnes auront plus de 70 ans dans quinze ans. Elles sont toutes nées ! Mais l’incertitude est très élevée quant au nombre d’enfants de moins de 6 ans dans quinze ans. Aucun n’est né… Les sommes et enjeux, considérables dans notre contexte d’hyper endettement public, rendent nécessaires des arbitrages. Ils ont été implicitement rendus en faveur des plus âgés(car eux ils votent). La France vieillissante a fait le choix de ses aînés. Dans un contexte où la pauvreté des personnes âgées, sans avoir été éradiquée, a amplement baissé, tandis qu’augmentait celle des enfants et des jeunes actifs, il aurait pu être autre. Car les retraités ont désormais des niveaux de vie au moins égaux à ceux des actifs alors qu’eux ne rapportent rien… Actifs qui aspirent à mieux concilier leurs activités professionnelles et leurs responsabilités familiales faute de pouvoir faire une vraie carrière. Il n’est pas certain que l’option d’un accent mis sur la dépendance soit la plus légitime pour les enfants mais aussi pour l’avenir. En effet cela revient à solder le futur. S’il est souhaitable que des solutions soient trouvées pour le grand âge, il est également souhaitable que la question de la petite enfance reprenne place sur l’agenda politique. Et ce dans un contexte bien difficile ou nous vivons au-dessus non pas avec nos moyens, mais de ceux de nos petits-enfants

10 L´épuisement des ressources.

 

Illustration des ressources limitées de la planète

Après la seconde guerre il y avait peu de monde pour se partager les ressources abondantes, en effet de nombreuses ressources exploitables ne l´étaient plus à cause de la guerre. Par exemple les poissons qui n’ont pas été pêchés pendant un temps ont pu se reproduire. De plus la population moindre pour des ressources plus importantes a permis de bénéficier d’un double effet bénéfique, le gâteau est plus gros et il y moins de monde à la table, et tout le monde à presque la même pelle suite à la destruction du capital pour récolter le gâteau. Tout le contraire de nos jours. En effet nous vivons à crédit sur notre planète et nous sommes de plus en plus nombreux. Le gâteau diminue donc et les invités sont de plus en plus nombreux, certains avec une mini cuillère et d autres qui commencent avec une pelle ce qui entretient une inégalité frappante. Regardons concrètement le prix de l´énergie autrefois qui a permis un boost sans précédent de la production à celui de nos jours, nous somme plus efficace certes, mais plus dépendant.

11 une arnaque organisé?

C’est simple, un travailleur de 2010 est beaucoup plus productif qu’un travailleur en 1960 et un travailleur en 2050 sera beaucoup plus productif qu’un travailleur en 2010.

S’il est plus productif, alors il produit plus de richesses ( c’est la croissance du PIB ) et donc il y a besoin de moins de travailleurs pour produire les richesses pour financer la retraite de plus de retraités … Pourtant un jeune est en moyenne plus pauvre que ses parents au même age.

Cette vidéo me donne à réfléchir et du grain à moudre.

« Vous travaillez de plus en plus durement pour gagner de moins en moins. Le jeu est truqué contre vous »
« Il n’y a pas besoin d’austérité, pas besoin de souffrance économique, pas besoin de pauvreté. Il n’y a pas de pénurie. Nous sommes les victimes d’un vol d’une inimaginable proportion. La vérité est qu’il y a plus qu’assez pour tout le monde. »

« Il y a 60 ans, la productivité augmentait si rapidement qu’on a prédit que, de nos jours, des familles entières pourraient vivre confortablement du revenu d’une seule personne travaillant seulement 10 heures par semaine… Qu’est il arrivé à ce rêve? Il s’est réalisé, ils avaient raison. Ce qui prenait une semaine de travail à l’époque peut maintenant être réalisé en seulement 10 heures… Nous sommes maintenant 100 fois plus riches que dans les années 50, la seule raison pour laquelle nous n’avons pas accès à cette richesse est qu’elle a été confisquée par une classe criminelle et corrompue… Ils pillent pour de gigantesques corporations en augmentant les prix et baissant les salaires, volant les fruits de notre productivité »

« Quand une famille prospérait avec un seul travailleur, et bien que la productivité soit maintenant 8 fois supérieure, les 2 parents doivent travailler et se débattre pour les fins de mois ».

sources:

 

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