Comment réguler l´inflation ?

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safety first

La politique monétaire

C’est de nos jours le principal outil de régulation de l’inflation.

Les autorités monétaires (banques centrales en général) injecteront des liquidités par différentes méthodes (planche à billet, achat de titre, baisse du taux directeur—le taux d’intérêt des emprunts ou des placements qu’on peut faire directement auprès de la banque centrale –, etc.) pour faire remonter la masse monétaire et donc le niveau d’inflation (l’objectif étant en général une inflation faible mais non nulle, pour éviter la déflation) ; pour faire baisser l’inflation elles agiront en sens inverse (arrêt de la planche à billet, vente de titre, augmentation du taux directeur, …)

La manipulation du taux directeur, outre qu’elle agit directement sur la masse monétaire, a d’autres effets économiques qui influeront sur l’inflation. Répercutée par les institutions financières sur leurs taux d’intérêt commerciaux (proposés aux entreprises, aux ménages, etc.), elle se traduit par une variation de la demande et de l’investissement (qui montent quand il est peu couteux de s’endetter et baissent dans le cas contraire). Le ralentissement de la demande (en cas de hausse du taux directeur) a généralement pour effet de faire baisser les prix (c’est-à-dire une baisse de l’inflation) ; inversement la baisse du taux directeur favorise l’endettement, stimule la demande et peut conduire à la hausse de l’inflation.

En régime de libéralisation financière une hausse du taux directeur destinée à freiner une économie en surchauffe peut générer des effets pervers qui contrarient les objectifs visés. La hausse des taux d’intérêt attire les capitaux étrangers à la recherche de meilleurs rendements. Cette abondance de capitaux contrarie le freinage souhaité. Les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) se sont trouvés devant ce dilemme dans les années 1990, et principalement la Pologne et la République tchèque. Inversement une baisse des taux directeurs est susceptible de faire fuir les capitaux locaux ou étrangers et limiter les capacités de crédits que l’on voulait favoriser. Il s’agit là d’un des cas du théorème d’impossibilité évoqué par Michel Aglietta. On ne peut avoir à la fois un système national de contrôle prudentiel, un marché mondial de capitaux et une inflation contrôlée.

Les anticipations des agents sont déterminantes, de sorte qu’il suffit souvent d’une annonce par les autorités monétaires qu’elles envisagent telle ou telle action, pour que les agents économiques ajustent leurs anticipations et que la masse monétaire et l’inflation en soient affectées.

La politique budgétaire et fiscale

L’équilibre des forces entre offre et demande est un déterminant important des prix, donc de l’inflation. Or la politique budgétaire et fiscale peut-être utilisée sur les deux termes de l’équation :

  • pour stimuler ou, au contraire, ralentir la demande dans un secteur donné, et même, pour la doctrine keynésienne, la demande globale. On baissera l’inflation en baissant la demande dans les secteurs où les prix augmentent le plus, éventuellement en augmentant la demande dans des secteurs où les prix dépriment.
  • en stimulant la production (quand cela est possible) dans les secteurs où les prix augmentent (on parle de politique de l’offre, il est parfois possible d’augmenter l’offre, et limiter ainsi la hausse des prix ;
  • inversement, en rationnant encore plus fort (par une fiscalité augmentée) la disponibilité de produits dont il n’est pas possible d’augmenter l’offre indigène (exemple : produits pétroliers), on limite la portée et l’influence de la hausse des prix de ce secteur sur l’indice général des prix (si la hausse du prix a une influence suffisante sur les volumes consommés) et on stimule le développement d’une offre alternative indigène (exemple : marché des économies d’énergie).

Il s’agit d’une politique visant à exacerber les forces naturelles du marché.

Ce genre de politiques a des aspects fortement impopulaire, puisqu’elle consiste en pratique à réduire le pouvoir d’achat, à rendre encore plus cher (en termes réel) voire indisponibles les produits les plus demandés, dont il s’agit paradoxalement de juguler la hausse, même si, éventuellement, des produits qui n’augmentent pas autant sont rendus plus accessibles. On les accuse fréquemment de n’être que des politiques de récession (politique de rigueur), reproche adressé par des tenants d’une politique de la demande et d’une politique de relance, ainsi, du côté libéral du spectre, d’être des politiques interventionnistes dont la pertinence n’est pas plus assurée que les politiques opposées.

 

La politique de change et la caisse d’émission

La politique de change permet de faire varier la valeur de la monnaie d’un pays par rapport aux devises extérieures. Par exemple, pour augmenter la valeur de la devise nationale (ou, de façon équivalente, pour en freiner la chute quand cette devise est « attaquée »), on rachète la devise nationale sur les marchés de change (ce qui implique de céder des devises étrangères, ou des biens de valeur comme l’or), ce qui conduit à une appréciation de la monnaie nationale. À l’inverse, quand un pays veut diminuer la valeur de sa monnaie, il achète des devises étrangères avec de la monnaie nationale (dévaluation, ou dépréciation de la monnaie nationale).

Un système de caisse d’émission ou currency board est l’application extrême d’une régulation de la valeur de la monnaie par la politique de change. Cela consiste à adosser la devise nationale à une monnaie étrangère dont la valeur est reconnue (ou un panier de monnaie). La valeur de la monnaie est ainsi stabilisée. Toutefois, l’État n’a plus la possibilité de financer son déficit budgétaire, ni de profiter des revenus issus de l’émission monétaire seigneuriage en faisant tourner la planche à billets, la monnaie locale ne pouvant être créée qu’en fonction des entrées dans les caisses de la Banque centrale de la monnaie référente. La caisse d’émission est donc efficace pour mettre fin à une politique monétaire victime de chocs hyper-inflationnistes. Le danger réside cependant dans le fait que bien souvent la devise nationale n’a en réalité pas la même valeur que la monnaie de parité. Cela peut notamment aboutir, via les mécanismes de marché, à faire naître une crise de confiance dans la capacité de la banque centrale à maintenir la parité. Dans certaines conditions, la seule solution pour la banque centrale est d’en sortir, mais cette sortie ne se fait pas sans douleur à l’image de la crise argentine de 2001 et de son Corralito.

En outre, la politique de change peut avoir des effets sur l’inflation, par le biais de la balance commerciale. En effet, en jouant sur la valeur de la devise nationale, l’état peut favoriser l’exportation (en dépréciant sa monnaie) ou rendre l’importation moins coûteuse (en appréciant sa monnaie). Cette dernière solution peut être utile pour diminuer l’inflation, surtout lorsqu’il s’agit d’inflation importée. Apprécier la monnaie peut aussi, théoriquement, agir sur la demande en freinant celle-ci, qui peut entraîner sur une diminution des prix (et donc une baisse de l’inflation) si l’inflation est causée par une demande trop forte.

 

Le contrôle des prix, des salaires

Le contrôle des prix et des salaires est une mesure qui a une portée plus vaste et plus générale que le contrôle de l’inflation (en temps de guerre par exemple), mais il a aussi été utilisé spécifiquement pour combattre l’inflation. Cette méthode a connu des échecs retentissants (par exemple la loi du maximum général en 1793 en France, ou le contrôle général par l’administration Nixon en 1972 aux USA), cependant combinée à d’autres mesures dans un plan plus vaste on lui reconnait quelques succès (« Prices and Incomes Accord » en Australie ou « Akkoord van Wassenaar » aux Pays-Bas, tous deux dans les années 1980).

C’est que, s’il est facile de décréter un prix ou un taux d’évolution maximum, le faire appliquer est une affaire bien plus complexe. De plus, un prix maximum trop bas fait fuir les producteurs et raréfie la marchandise visée ; les producteurs se dirigent vers d’autres productions non taxées, ou d’autres clientèles (marché noir, marché étranger) ; et ce, alors que le prix bas augmente la demande. Il en résulte, paradoxalement, une forte pression inflationniste. La mesure a toutefois l’avantage de pouvoir s’appliquer immédiatement.

Un contrôle des prix et des salaires a plus de chance de fonctionner s’il est accepté par la société (notablement les syndicats, comme dans les exemples australiens et hollandais), mais il comporte de toute façon des aspects impopulaires.

Globalement, l’idée dominante est donc qu’un tel contrôle ne peut être que temporaire, le temps que des mesures réellement efficaces mais plus lentes fassent effet.

L´impression de monnaie

Il est possible d´imprimer de la monnaie ou non pour faire augmenter l´inflation ou pas.

Indexation et désindexation

Lorsque l’inflation est engagée dans une spirale inflationniste nourrie par des indexations automatiques de salaires ou de prix sur la hausse précédemment constatée, on se dégage de cette spirale par une désindexation. En cassant les mécanismes d’indexation, on supprime un des aliments de l’inflation.

Changement de monnaie

Lorsque l’inflation est trop forte, il arrive que la solution réside dans un changement complet de monnaie. La nouvelle monnaie doit avoir une valeur stable, ce qu’on peut réaliser en l’adossant à des actifs réels et reconnus (comme le Rentenmark, qui jugula l’hyperinflation de la République de Weimar en 1923).

 

Article de wikipedia

 

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